Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 23:59

 

Hugo.jpg

 

De Martin Scorsese

 

Scénario : John Logan d'après Brian Selznick

 

Avec : Asa Butterfield, Chloe Moretz, Sacha Baron Cohen, Ben Kingsley, Emily Mortimer, Christopher Lee, Ray Winstone, Jude Law...

 

Histoire : Paris, 1931. Hugo Cabret est un orphelin de douze ans dont le père, horloger, vient de mourir. Alors qu'il vit à Paris, dans la gare Montparnasse, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père avait cherché à restaurer avant sa mort.

 

Avis :  Martin Scorsese à l'assaut de l'adaptation d'Hugo Cabret, film pour enfants, dont la sortie est programmée en période de noël. Cette simple evocation suffit largement à susciter la curiosité, peut-être la consternation pour certains. Comment le réalisateur de Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis ou Casino pouvait s'attaquer à l'oeuvre de Brian Selznick en conservant sa patte, sans sombrer dans la commande enfantine ? Contre toute attente, le réalisateur réussit bien au-delà des espérances... Pour un résultat en demi-teinte. L'histoire de base raconte le parcours d'Hugo Cabret, orphelin qui évolue dans une gare, s'occupe des horloges et cherche par dessus tout à réparer un automate qu'il entretenait avec son père, avant son décès. Son travail est de longue haleine et fait de rencontres, notamment un vieil homme et sa fille. Il est question de clé et d'un dessin qui permettraient de résoudre un mystère. La bande annonce et le canevas de base semblent nous emmener dans un monde merveilleux et infantile avec une intrigue à tiroirs versant volontiers dans le fantastique.

 

 

Seulement, si Scorsese semble respecter son cahier des charges en apparence (notamment au travers du personnage incarné par Sacha Baron Cohen, à l'origine d'un humour léger et de courses-poursuites dans la gare) pour combler les plus petits, l'intrigue reste plutôt dure, et élimine un à un tout élément susceptible de basculer dans le rêve, au premier degré. Car, le véritable tour de force de Scorsese, c'est d'utiliser Hugo Cabret comme un trompe-l'oeil. Du produit de noël formaté, il réalise là une véritable analyse du cinéma, nostalgique, qui s'adresse aux adultes que nous sommes, anciens enfants que nous étions. Qu'est ce qui nous exaltait dans le cinéma à l'époque de notre enfance ? Quels souvenirs en garde-t-on ? Quel regard porte-on sur cette époque révolue, mêlée de nostalgie, de sentiments positifs ? Pas de quoi intéresser nos jeunes têtes blondes, loin de là. Ce serait leur demander de porter un regard distancié sur leur propre ressenti, leurs intérêts, donner des justifications sur ce qu'ils les exaltent, un recul nécessaire impossible pour eux.

 

 

Hugo Cabret, c'est surtout l'occasion de faire le point sur sa propre carrière, s'offrir deux visages à travers Hugo et George Méliès. Forcément, Scorsese a découvert le metteur en scène durant sa jeunesse, mais il connait lui aussi à présent la sensation d'être à l'apogée de sa carrière (même si on lui souhaite de tourner encore longtemps). De plus, il se pose en documentaliste (il est surtout à l'origine de rénovation d'oeuvres au travers de film foundation), parfois zélé, lors de scènes extrêmement contemplatives, lors des retrouvailles entre l'écrivain Tabard et Méliès Le metteur en scène aurait presque tendance à s'asseoir à côté de nous pour contempler son propre spectacle. Scorsese n'offre rien de moins qu'un beau catalogue des meilleurs moments du début du cinéma, lors de son éclosion, avec cette énergie communicative et cette folie créative constante. A l'image de The Artist, Scorsese fait du neuf avec du vieux. Il parvient à épater son monde en montrant ici et là le train arrivant sur les spectateurs lors d'une projection des frères lumières (l'idée est reprise en 3D dans un rêve) ou passant un morceau d'un long-métrage de Buster Keaton, accroché au dessus du vide, sans trucage. Revenir aux fondamentaux (mise en scène et décors simples) est une manière de présenter le cinéma différemment, comme on le reconnait finalement plus, à l'heure de la trois dimensions, entre autres effets visuels. 

 

 

Scorsese semble vouloir boucler la boucle, apporter sa pierre à l'édifice tout en détournant les codes, évitant de donner ce que les spectateurs attendaient. Cependant, le classicisme de la mise en scène (avec des échanges entre Hugo et Isabelle qui ne font pas toujours avancer l'intrigue), qui laisse cependant parfois la place à quelques fulgurances visuelles (la 3D est intégrée naturellement dans les situations) et des moments émouvants (la vie de Méliès), et l'intérêt de Scorsese à porter un regard profondément adulte à l'ensemble laisse parfois dubitatif. Hugo Cabret porte la marque de son auteur : il est névrosé, malgré son jeune âge, et vit reclut dans les murs même d'une gare, inconnu de tous. Nul doute que le personnage a passionné d'entrée de jeu le réalisateur, lui qui mit en scène les Travis, les La Motta, avec minutie. Et surtout, Hugo lui ressemble.  Seulement, Hugo Cabret, par sa grande froideur et sa tristesse permanente, ne peut convaincre le jeune public d'assister à un petit conte de noël. De même que la vie brisée de Méliès (Ben Kingsley, toujours aussi bon, donne tout son coeur à rendre aussi sombre et desespéré que possible son personnage) n'est pas clairement là pour raviver la flamme. C'est bien l'analyse qui prédomine chez Scorsese, et si Shutter Island avait l'allure d'un thriller sans en être un, Hugo Cabret est un faux conte de noël, mais un vrai "trip" presque narcissique de Scorsese.

 

 

La seconde partie du long-métrage n'a d'intérêt que pour le cinéphile averti et réellement intéressé par une frange du cinéma aujourd'hui disparue. Et Scorsese trop content de pouvoir résusciter son idole, stoppe littéralement sa narration pour donner un cours d'histoire, non sans mettre en avant ses propres classiques et ses préférences. Et le mystère, si long et parfois pesant, laisse place à une explication relativement simple, manquant parfois de souffle. Certes, les scènes de tournage de Méliès sont émouvantes (et renvoient le spectateur dans une bulle de nostalgie et de découverte, à l'image de The Artist), mais elles ne comblent pas totalement les attentes du spectateur. Scorsese, soucieux de respecter en apparence son cahier des charges (au travers de saynettes du quotidien) et d'ouvrir une sorte de café-débat-découverte sur un cinéma éteint, oscille constamment entre deux eaux, entre les promesses déçues (c'est le sujet du film), le passé qui n'existe qu'en tant qu'évocation, et le cinéma qui ne cesse d'évoluer perpétuellement. Contrairement à son modèle, Scorsese aura l'occasion de traverser différentes périodes, d'utiliser des procédés et d'adapter de nombreuses histoires.

 

 

Hugo Cabret décevra certainement. Dans son approche, dans son incapacité à offrir un monde merveilleux ou réellement engageant pour le jeune public. Il aurait même tendance à être bien plus terre à terre que prévu (tous les éléments fantastiques sont balayés un à un pour une réalité plus dur). En l'état, il aurait été intéressant que Scorsese s'amuse à nous emmener sur les tournages de Méliès (il a tourné 500 films) pour nous offrir un spectacle certes différent, mais tout aussi incroyable pour les yeux. Brassant les influences et partant constamment dans différentes directions, Hugo Cabret a de quoi intéresser. Sans être un must de son auteur... Seulement, avec The Artist, si le cinéma est définitivement porté vers l'avant, il n'hésite pas à jeter un oeil derrière son épaule. 

 

En résumé : Martin Scorsese se pose des questions à voix haute. C'est pertinent, intéressant, parfois long, parfois contradictoire.

 

14/20

Par Ange Ripouteau - Publié dans : Martin Scorsese - Communauté : 1 article = 1 film
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 00:32

neigeskilimandjaro.jpg

 

 

De Robert Guédiguian

 

Avec : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Maryline Canto, Grégoire Leprince-Rinquet

 

Histoire : Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans. Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent. Ils ont des amis très proches. Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques. Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit… Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.

 

Avis :  Après le film historique avec l'armée du crime, Robert Guediguian revient à ses premiers amours en contant un morceau de vie d'un couple du sud de la France. N'étant pas initié au cinéma de Guédiguian (et ses plus grands succès), je ne pourrais inscrire ce long-métrage dans sa carrière et le comparer à ses précédentes oeuvres. Les neiges du Kilimandjaro, c'est une musique. Triste, mélancolique. Mais c'est aussi un voyage, prévu et financé par la famille de Michel et Marie-Claire. Une petite vie qui se déroule paisiblement, malgré le licenciement (organisé par lui-même) de Michel.

 

Seulement, un jour, ils sont attaqués chez eux et perturbés dans leur petit quotidien. Chacun d'entre eux et leur entourage vont réagir à leur manière devant cette agression. Guédiguian a en cela d'impressionnant qu'il évite tout sensationnalisme et préfère se concentrer sur ce qui constitue la vie au quotidien du tout à chacun. Contrairement aux surenchères constantes du cinéma actuel, Guédiguian analyse un moment, une situation simple à l'écran, presque banale, et ses répercussions. Nous ne sommes que de petites fourmis, quoi  qu'on en dise. La perte d'un emploi, une agression et l'empathie envers les autres peuvent façonner, modifier une vie bien rangée.

 

L'agression, au centre de toutes les attentions, n'a rien de spéctaculaire. Les voleurs entrent, attachent les quatre personnes en présence, blessent sans trop de gravité l'un d'eux et s'en vont. Le tout, sans en rajouter. La tentation aurait été d'entrer dans la surenchère pour montrer à quel point l'acte est odieux ou marquant. Mais, seulement, pour des protagonistes à visage humain bousculés dans leur tranquillité, la pilule sera dure à avaler. Et tous effectueront un travail d'acceptation de la violence à leur manière. En modifiant leur comportement et leur façon de voir la vie, notamment. Ce recul bienvenu de la part du metteur en scène et un refus de donner dans la gratuité donnent un tout autre visage à ces neiges du Kilimandjaro. Car le sujet a souvent été traité dans le format cinéma et téléfilm, mais Guédiguian insuffle son style : des sourires, des regards, des senteurs, des paysages, des tranches de quotidien.

 

Humains, les personnages le sont dans leur travers, mais aussi dans leur capacité à accepter et à aider. Michel et Marie-Claire dont le rêve de voyage a été brisé, trouvent leur bonheur dans le soutien et dans le partage. Délaissant leurs rêves égoïstes, ils trouvent leur salut autrement. Soutenu par son casting habituel (Darroussin, Ascaride, Meylan), Guédiguian déroule tranquillement son histoire et s'intéresse principalement à ce qui est passé sous ellipse normalement : le destin de la famille des braqueurs, le sentiment de culpabilité mêlé à la sensation de faire justice des victimes, le besoin de s'accrocher à un but pour avancer, mais surtout continuer à mener sa barque après une épreuve, avec le sourire.

 

A sa manière, Guédiguian offre un beau film, loin des éclats et du bruit du cinéma actuel, mais convaincant, tour à tour drôle, dramatique, optimiste, beau. Une véritable sensation agréable se dégage de ces neiges, une grande tendresse, qui redonne de la foi en certaines valeurs.

Par Ange Ripouteau - Publié dans : Films - Communauté : 1 article = 1 film
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 23:29

affiche-intouchables.jpg

 

 

De Eric Toledano et Olivier Nakache

 

Avec François Cluzet et Omar Sy

 

Histoire : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison… Bref, la personne la moins adaptée pour le job.

 

Avis : Le duo Toledano-Nakache, à l'origine de "Je préfère qu'on reste amis" et "Nos jours heureux", qui voyaient évoluer à l'écran Jean-Paul Rouve, continuent dans la comédie simple et pleine de tendresse. Leur patte, leur style, c'est d'offrir des moments de vie de personnages avec des problèmes (la solitude, le besoin de s'affirmer, l'handicap) qui parviennent à se sublimer par le biais de l'humanité, de l'amitié. Car, Intouchables, véritable succès français de l'année (au dessus de la caricature de Dany Boon) peut, sous certains aspects, et raconté froidement,  faire penser à n'importe quel gros succès de la comédie : brasser des clichés, des personnages et les passer à la moulinette de l'humour facile. La rencontre du bourgeois tétraplégique et du noir des banlieues, comme s'en offusquent nos amis américains (qui voient là-dedans une parabole sur l'esclavage...).

 

Ce serait bien mal connaître le duo Toledano-Nakache, certes pétris de bons sentiments, utilisant certains lieux communs (la vie n'est faite que d'habitude et de rencontres simples) sans jamais en rajouter, préférant la sincérité au grotesque. Vouloir à tout prix rechercher les bons côtés de l'être humain ne transforme pas un long-métrage en essai mièvre. Ce n'est pas synonyme de produit formaté. Car la relation de Philippe et Driss est impressionnante par cette absence de barrières, pourtant dressées (et décriées dans certaines critiques) par les apparences. Philippe et Driss sont juste deux amis. Lorsque le jeune débarque dans la superbe villa afin récupérer son papier pour toucher ses allocations l'air désabusé, Philippe distingue d'ores et déjà la personne qui saura le sortir de son marasme.

 

L'un et l'autre, sciemment ou non, vont se tirer vers le haut. Toutes les aides du monde n'auraient pu remplacer l'apport de Driss, transpirant le naturel et n'hésitant pas à charrier allégrement son partenaire handicapé pour dédramatiser. Et c'est là toute la puissance d'Intouchables. De ces vannes, parfois lourdes, mais dites avec complicité et décomplexion, Driss offre toute la fraicheur nécessaire pour dépasser un trauma important : la perte de motricité totale. Car, si certains traits d'humour pourraient laisser perplexe (le fameux "pas de bras, pas de chocolat"), dans l'échange, ces derniers fontionnent parfaitement. Au delà de l'humour, c'est bien l'attachement et la considération que portent Driss à Philippe qui amuse. Autant que l'attitude maladroite (notamment pour lui mettre ses bas ou l'aider à évacuer ses déchets) mais franche de l'aide pour le tétraplégique. 

 

Dans les univers de Toledano et Nakache, l'amitié surmonte les problèmes. Cela peut sembler pompeux, à l'image, cela fonctionne, au delà des espérances. Après un Rouve extrêmement convaincant, Omar Sy délaisse son compère de toujours pour enfin s'affirmer et prouver qu'il est un excellent acteur, pas juste un faire-valoir rigolo (au rire reconnaissable). Se fondant totalement dans le personnage de Driss, il offre un véritable festival de grands moments (la scène de l'opéra, de danse sur September, ses tentatives de drague et ses dialogues bruts de décoffrage). Le duo Toledano-Nakache ne cherchent pas le scénario ultime dans son originalité mais bien dans son traitement. Le plus difficile, notamment dans la comédie, n'est pas de trouver le sujet le plus inédit mais bien une construction unique et surtout des comédiens aptes à livrer une composition juste (là où d'autres s'enferment dans la surenchère ridicules depuis longtemps). 

 

Intouchables est donc une vraie bouffée d'air frais à chaque instant, une véritable ôde à l'amitié la plus pure qui peut sembler surannée à certains. Mais le long-métrage est prompt à convaincre le plus sombre des cyniques, notamment par son regard, souvent pertinent, son duo à l'écran inspiré et un humour qui fait très souvent mouche. Ce serait triste de se priver d'une comédie intelligente. D'autant qu'elle cartonne (c'est rassurant). On ne peut que souhaiter un grand parcours à cette belle oeuvre.

Par Ange Ripouteau - Publié dans : Films - Communauté : 1 article = 1 film
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 00:36

survival.jpg

 

de Georges Romero

 

Histoire : Sur une petite île du nord des États-Unis, quelques humains affrontent une invasion de morts-vivants...

 

Avis : Le film d'horreur n'est plus le même, il a évolué. Et pour ses premiers artisans, la pilule est dure à avaler. Ce couplet s'adapte à tous et semble revenir inlassablement dès lors qu'un nouvel opus surgit de nulle part. Georges Romero est obligé, comme ses confrères, de nous ressortir ad nauseum des films traitant d'un unique sujet. Pourtant, le metteur en scène avait prouvé un grand talent en dehors de ses zombies (The crazies, la part des ténèbres, incidents de parcours, entre autre). Seulement, comme un comique obligé de ressortir son vieux sketch pour faire rire (de moins en moins) ses spectateurs, Romero DOIT faire du film de zombies.

 

Et force est de constater que sa filmographie ressemble trait pour trait à son sujet : ça traîne la jambe, ça n'est plus de première fraicheur, ça exécute maladroitement des mouvements, ça bouffe à tous les rateliers et ce n'est qu'une pâle copie de l'original... C'est triste de faire le même constat pour chaque réalisateur, malgré leurs talents respectifs. Une certaine fatalité se dégage de tous ces longs-métrages. Et Romero, avec ce Survival, prouve qu'il en a, lui aussi, par dessus la tête de ses zombies.

 

Déjà, il clamait haut et fort, après le jour des morts-vivants (troisième opus de sa première trilogie), qu'il ne reviendrait pas aux zombies, comme Craven avec Scream, comme tant d'autres à une époque fastueuse... Seulement, la vague des remakes (de son zombies, de son Crazies, de sa nuit des morts vivants) a certainement motivé le géniteur a lancé son land of the dead. On parlait alors de tétralogie. Mais, cédant peu à peu aux démons de la nostalgie des fans, il accoucha également d'un Diary, surfant sur la vague du film "caméra à l'épaule". Ce Survival, sorti en catimini, semble vouloir clôturer une nouvelle trilogie...

 

Mais de quelle manière ! En effet, cette deuxième trilogie n'a pas la même allure, ni la même stature que la première... Loin de là. La nuit des morts-vivants et Zombie étant des monuments du cinéma horrifique, Land, Diary et Survival sont bien loin de bénéficier de la même aura. Au mieux, on les juge sympathiques, au pire... Ils deviennent les témoins d'une gloire passée. Et ce Survival est l'ultime pierre, preuve sur pellicule que Romero n'a plus rien à dire sur le sujet.

 

Survival Of The Dead se présente d'emblée comme une version déjantée du mythe du zombie. Une idée intéressante donnant lieu à des scènes amusantes (la pêche aux zombies) et décontractées. L'autre idée du scénario est un conflit entre deux familles isolées sur une île déserte envahie de morts-vivants. Seulement, l'ambiance délétère et la bataille dramatique que se livrent les clans vont ainsi très mal se marrier.

 

Avec un traitement correct, Romero tenait un bon film. Des carnages à foison, des fusillades, des sièges, tout un tas de situations promptes à satisfaire le fan d'horreur, d'action et de Roméro. Seulement, le réalisateur n'a vraiment plus envie d'assurer le cahier des charges, ni de satisfaire qui que ce soit. La partie sur l'île devient un amas de passages grotesques, particulièrement lents, avec des rebondissements inutiles et ridicules (tout ce qui concerne les jumelles) et des emprunts au western ahurissants (le face à face, les fusillades dignes d'une rixe infantile avec des pistolets en plastique). Constamment en pleine dualité entre le drame et la bonne blague, le film devient une pantalonnade aberrante, mixant sans vergogne des éléments des précédents films de morts vivants (notamment la domestication des zombies).

 

Au fur et à mesure, Romero détruit tout ce qu'il avait créé, comme un gosse, se moque de tout, de son histoire, de ses personnages, de ses zombies. Il veut passer à côté de son sujet, c'est une certitude. Faire monter la pression entre les deux familles ou verser littéralement dans le déjanté auraient été des choix judicieux. Mais Roméro veut les deux. Ou aucun des deux. Il ne sait plus. Alors, il avance, à l'aveugle et change d'avis constamment dans son récit. Le film est en roue libre. Les ruptures de ton s'accumulent et Romero semble vouloir la mort de ses zombies. Ils ne sont plus que des éléments d'une grande foire où tout le monde cabotine gaiement (le père notamment), où rien n'est pris au sérieux, pas même les moments dramatiques.

 

Comme le réalisateur a délibérément décidé de laisser tomber, voir d'assassiner sa propre création, le spectateur, dépité, ne peut qu'espérer une chose : ce survival sera le dernier opus de Roméro.

 

 

Bande-annonce :

 

 


 
Par Ange Ripouteau - Publié dans : Georges Romero - Communauté : 1 article = 1 film
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 00:59

revesorient.gif solidairesniger.gif

 

 

 

Je tenais à présenter deux travaux que je viens de terminer :

 

- Le site de l'association Rêves d'Orient, initié au mois de Septembre, en même temps que la naissance de cette nouvelle association de danse orientale. Une belle aventure dans cet univers entre la photographie, le travail graphique, le travail sur Wordpress et les échanges avec les différents protagonistes. Et puis, c'est surtout le prolongement d'un intérêt pour la passion d'une amie, qui entraîna d'autres rencontres. Et au final, d'autres amitiés. J'espère que nous aurons la possibilité de prolonger cette "collaboration". En souhaitant longue vie à leur association, basée sur la convivialité, la bonne humeur et le partage.

 

L'adresse du site : www.revesdorient.fr

 

 

- Le blog solidaires du niger, initié par mon oncle Franck Ripouteau. Une association qui souhaite venir en aide aux habitants du Niger. J'ai composé une refonte rapide de ce blog aux intentions plus qu'honorables.

 

 

L'adresse du blog : http://solidairesduniger.over-blog.com/

Par Ange Ripouteau
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