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Je vous mets un petit texte né d'une réflexion aussi inutile qu'essentielle : Pourquoi les femmes vont-elles aux toilettes à deux ? Ainsi, j'ai écrit un début d'idée sur le sujet (qui pourrait donner, pourquoi pas, une thèse plus longue). Bien entendu, ironie, second degré et non sens sont de mise. N'imaginez pas que je pense réellement tout ce que je dis dans ce qui va suivre :
Pourquoi les femmes vont-elles aux toilettes à deux (ou à plusieurs) ?
Théories multiples sur le sujet
- Pouvoir scinder le groupe en deux et parler de l’autre sexe
Dans le cas de deux couples, nous pouvons imaginer que c’est une occasion de se plaindre ou se vanter de son partenaire. Ainsi, par échange croisé, elles peuvent comparer, par le biais de questions indiscrètes, de sous entendus ou d’anecdotes. Dans le cas d’un groupe de célibataires (ou en comportant) : c’est l’occasion de parler des mâles qui intéressent, de distribuer les cartes et de prendre des informations (si le mâle convoité est un ami de l’amie venue aux toilettes, vous suivez ?), mais aussi de parler du groupe dans son ensemble (critique sur les autres femmes présentes). Par ailleurs, sans connaître la teneur des discussions, les femmes restées en salle pourront se rendre compte qu’elles ne sont pas dans la confidence, qu’elles ne font pas partie de la confrérie des toilettes (endroit intime en diable). C’est un véritable test sur l’amitié. Alors, si vous ne participez pas à ces entrevues, c’est que vous êtes exclue, voire pire, critiquée, vous pouvez partir sans vous retourner.
- Se retrouver avec ses semblables
Gageons que les toilettes est un endroit sexiste (un WC par sexe) qui permet librement d’exprimer nos penchants et nos appartenances (à notre sexe – vous pourrez noter qu’appartenir à son sexe peut revêtir différentes significations). C’est l’une des rares fois où vous pouvez vous laisser aller à vous réunir entre personnes du même genre sans subir la moindre remarque. Si vous militez pour l’égalité voire le rapprochement de l’homme et de la femme, ne comptez pas sur les toilettes pour cela : cet ancien concept a encore de beaux jours devant lui. Ainsi, vous n’aurez pas le plaisir d’uriner et d’entendre ou de voir uriner une femme à côté ou en face votre porte. Les extrémistes pourraient presque penser que ces lieux favoriseraient l’homosexualité.
Le cliché des toilettes consiste aussi à voir les femmes se remettre correctement à l’image : se maquiller, remonter la poitrine, lisser la robe, en bref pour être sûre d’être toujours belle. Ce lieu commun est un peu contradictoire vu l’utilisation première de l’endroit en question, encore plus quand celui-ci porte des traces visuelles, sonores et olfactives de certains passages. Ce cliché fonctionnera donc dans les toilettes huppées : ils ne servent qu’à se regarder dans une glace, se passer de l’eau sur le visage et écouter de la musique. D’ailleurs, notez qu’en général ces toilettes brillent toujours, du sol au plafond.
Se libérer et s’afficher au naturel
Je vous parlais auparavant d’homosexualité. Humour mis à part, il n’est pas faux de dire que c’est le seul endroit où, sans arrière pensée ou envie sexuelle, nous pouvons nous admirer l’appareil génital à la main, sans tabou, ni gêne, dans une parfaite normalité. Nous pouvons donc considérer les toilettes comme un sanctuaire de la nudité, du naturel, de la décomplexion. Je parle bien de sanctuaire, car si vous cherchez à conserver cet esprit détendu et vos attributs à l’air en dehors, vous finirez assez rapidement en prison pour exhibitionnisme et les gens vous étudieront pour savoir pourquoi vous osez vous afficher de cette manière. Pour les femmes, se dévoiler n’est pas possible aux yeux de tous, puisque leurs toilettes sont closes. Néanmoins, n’y aurait-il pas une forme d’exhibition voire d’indécence à baisser sa culotte (ou son string) à quelques mètres d’une amie et se soulager, situation impensable ailleurs ?
Cependant, comme souligné auparavant, vous ne vous déshabillez pas pour convaincre le sexe opposé mais bien le votre de vous constater dans votre ensemble. Une manière de se dévoiler, ou est-ce simplement un signe de reconnaissance pour dire que vous êtes semblables. Chez les hommes, l’entrevue génitale tournera parfois à la compétition : il y aura un vainqueur, un perdant et une hiérarchie (respect envers le meilleur, peur si c’est un ami qui possédait déjà les atouts d’être beau, musclé et avec un bon travail). Ainsi, pour éviter d’avoir à vous justifier de vos dons naturels, choisissez les personnes autour de vous ou attendez d’être seul avant de vous révéler.
Les toilettes vous permettent de vous déshabiller librement dans un lieu public (mais dans un habitacle clos). Nous pouvons imaginer une autre théorie au phénomène des femmes qui s’accompagnent aux Water Closet. Vous serez d’accords pour reconnaître que, dans une soirée distinguée ou romantique, le moment du passage aux toilettes n’est pas glamour. Il est par ailleurs difficilement amené par votre compagne (imaginez de longues discussions, quelques embrassades, les yeux dans les yeux, et…) qui baisse les yeux ou le jette avec un peu d’humour, d’une voix plus fluette, parfois inaudible : « Je vais au petit coin… » Reconnaissons que cette petite phrase, parfois timide, est souvent touchante, comme si elle rapportait gentiment à son intimité, cachée pour le moment derrière de vêtements et d’artifices.
Une peur peut surgir au moment de changer d’ambiance. A quelques mètres du bien aimé, vous ajusterez vos habits, enlèverez vos plus beaux aménagements, pour expulser des déchets de vous, rarement sensuels, et n’ayant pas de lien avec la natalité. Dans le cas d’un groupe, un amie peut agir en tant que tampon (mais elle devra vous connaître de ce point de vue-là), une sorte de bouclier magique entre votre besogne et la scène dans laquelle vous êtes attendue, afin de garder cette effet rayonnant et non moins pure, obligatoire pour charmer. Le but avoué est d’entériner l’idée impossible qu’une femme n’est pas soumise aux lois de la nature et à ses obligations. Conserver une certaine magie.
A l’inverse, les toilettes peuvent devenir un lieu de franche camaraderie, de rigolade, où, à l’inverse d’un lieu stressant et contraignant, permettait d’être totalement soi. Pour les idées extravagantes, nous pouvons imaginer une situation où le fameux toilette respire la crasse et sur lequel une précieuse dame hésite à poser son délicieux postérieur dessus. Dans ce cas, l’amie aurait pour objectif de tenir par les bras sa partenaire, la suspendre pour qu’elle ne tombe pas sur les toilettes pendant qu’elle s’affaire, tout en se maintenant par un coude et un pied sur la porte battante, en évitant soigneusement toute partie douteuse. La mission consisterait à empêcher un drame. En gardant l’idée de la toilette malfamée (sale, difficilement respirable), la complice aurait la tâche d’assurer qu’aucun grand danger (le diable par exemple, entre autre problème réel) ne sortira du WC et facilitera le transit. En effet, comment s’installer et déposer si l’on ne se sent pas en sécurité. Guidée par une voix chaude et réconfortante, la femme pourra accomplir son devoir en toute tranquillité, sans se retenir.
A suivre… (ou pas).
J'attends vos témoignages féminins sur le sujet (passionnés, pas outrés).
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